La Hatha Yoga Pradipika compte quatre chapitres, qui correspondent à quatre divisions de la pratique : asana, pranayama, mudra, et nadanusandhana.

Trois d'entre elles nous sont familières. Le hatha yoga moderne enseigne l'asana constamment, le pranayama occasionnellement, et le mudra comme une curiosité. La quatrième — un quart du texte entier, et le sujet du chapitre consacré au samadhi — a pratiquement disparu de l'enseignement.

C'est étrange, car Svatmarama ne laisse planer aucune ambiguïté sur son importance. Il déclare qu'Adinath a décrit un très grand nombre de méthodes pour atteindre le laya, et qu'à ses propres yeux, une attention dévouée au nada en est la principale (4.66). Le dernier chapitre du texte fondateur du hatha yoga construit tout vers une seule pratique, et cette pratique est l'écoute.

Le Nada Yoga en tire son nom. La plupart de ceux qui se disent pratiquants de Nada Yoga ne l'ont jamais fait. Pour la carte complète de la place qu'occupe cette pratique, consultez notre guide sur le Nada Yoga, le yoga du son.

Ce que signifie le mot

Nada signifie son — plus précisément, dans ce contexte, le son non frappé entendu à l'intérieur, plutôt que le son produit par une chose qui en heurte une autre.

Anusandhana est la moitié la plus intéressante. On le traduit généralement par investigation, enquête, ou recherche assidue. Il porte un sens de traque — suivre une piste, poursuivre une chose jusqu'à ce qu'elle soit trouvée. Ce n'est pas passif.

Ainsi, nadanusandhana ne signifie pas « écouter le son intérieur » au sens de simplement remarquer qu'un son est là. C'est la poursuite soutenue de ce son. Le texte décrit une pratique consistant à suivre le son tandis qu'il change, à se déplacer avec lui à mesure qu'il s'assourdit, en refusant de laisser l'attention se fixer sur autre chose.

Cette distinction compte pour la manière dont la pratique se ressent réellement. Elle est plus proche du pistage que de la détente.

La place qu'elle occupe dans le texte

Le quatrième chapitre de la Hatha Yoga Pradipika porte sur le samadhi, et il aborde le sujet par le biais du laya — dissolution ou absorption. L'esprit ne se calme pas parce qu'on le lui ordonne ; il se calme en s'absorbant dans quelque chose jusqu'à ce qu'il cesse de se maintenir comme séparé.

La nadanusandhana est offerte comme la voie la plus fiable vers cette absorption. Et Svatmarama fait une remarque facile à manquer : il note que cette pratique est accessible même à ceux qui ne peuvent saisir intellectuellement les enseignements philosophiques (4.65-67, et de nouveau en 4.80, où il dit que le brio intellectuel n'est pas requis).

C'est une affirmation frappante dans une tradition souvent préoccupée par les qualifications requises. La méthode la plus directe du texte est aussi celle dont le seuil d'accès est le plus bas.

Le prérequis n'est pas l'intelligence. C'est une sushumna purifiée — c'est-à-dire que le pranayama doit avoir été accompli au préalable. Cet ordre n'est pas négociable dans le texte, et c'est la raison pour laquelle cette pratique apparaît au quatrième chapitre plutôt qu'au premier.

L'instruction elle-même

Le texte la donne en deux versets.

En 4.67, le yogi s'assoit fermement en muktasana, adopte le shambhavi mudra, et écoute d'un esprit recueilli le nada entendu dans l'oreille droite.

En 4.68, les oreilles, les yeux, le nez et la bouche sont fermés — et alors un son clair se fait entendre dans la sushumna purifiée.

Deux points méritent ici d'être bien compris, car les descriptions modernes les brouillent systématiquement.

Le shambhavi mudra n'est pas une fermeture des oreilles. Le shambhavi mudra, tel que le définit ce même texte en 4.36, est un regard intériorisé : l'attention est absorbée à l'intérieur tandis que les yeux restent ouverts et immobiles, voyant sans voir. C'est une pratique centrée sur l'entre-sourcils, pas une pratique de mains. Le verset 67 donne le shambhavi. Le verset 68 décrit séparément la fermeture des portes des sens.

On voit très souvent enseigner la nadanusandhana comme un shanmukhi mudra — bouchant les oreilles avec les pouces, couvrant les yeux, le nez et la bouche avec les doigts restants. Ce n'est pas sans fondement : le verset 68 décrit bien la fermeture de ces portes, et en 4.82 le texte mentionne le yoni mudra comme un moyen d'entendre le nada. Le shanmukhi et le yoni mudra sont étroitement apparentés, et la Gheranda Samhita traite ce terrain plus en détail.

Les deux approches figurent donc dans le texte. Mais ce sont deux instructions différentes, et présenter le shanmukhi mudra comme ce que dit le verset 67 est tout simplement inexact. Cette précision mérite d'être conservée.

L'oreille droite est l'autre point de discorde. Dakshina signifie bien droite, et la lecture la plus simple est l'oreille droite. Mais dakshina porte aussi des sens de favorable, capable, ou vrai, et certains commentateurs lisent l'instruction comme désignant une oreille intérieure plutôt qu'un côté anatomique. Les deux lectures ont leurs défenseurs. En pratique, les débutants entendent généralement ce qu'ils entendent là où ils l'entendent, et forcer le son à apparaître d'un côté précis est un excellent moyen de passer la séance à se crisper.

Les quatre étapes

En 4.69, le texte nomme quatre avasthas — états ou étapes — et dit qu'elles s'appliquent à toute pratique du yoga, pas seulement à celle-ci :

Arambha — le commencement. Ghata — le vase. Parichaya — l'accroissement ou la familiarisation. Nishpatti — l'accomplissement.

Le chapitre associe ensuite chacune d'elles à un granthi, un nœud dans le corps subtil que la pratique perce, et à un son caractéristique.

Arambha avastha (4.70-71). Le brahma granthi, au cœur, est percé. Un bonheur surgit dans le vide du cœur, et des sons semblables au tintement de petits ornements se font entendre à l'intérieur du corps.

Ghata avastha (4.72-73). Le vishnu granthi, à la gorge, est percé. Un son de timbale surgit dans l'espace de la gorge, accompagné d'une félicité bien plus forte.

Parichaya avastha (4.74-75). Le son d'un tambour se fait entendre dans l'espace entre les sourcils, et le souffle entre dans le grand vide. Le texte dit que le pratiquant à ce stade se libère de la misère, de la vieillesse, de la maladie, de la faim et du sommeil — une liste qu'il vaut probablement mieux lire comme la description d'un état d'absorption plutôt que comme un prospectus médical.

Nishpatti avastha (4.76). Le rudra granthi est percé, le souffle atteint le siège de Shiva, et l'on entend les sons de la flûte et de la vina.

Ce ne sont pas des étapes que l'on doit s'attendre à traverser selon un calendrier, et l'affirmation du texte selon laquelle l'instabilité mentale est surmontée en quinze jours (4.83) se traite mieux comme un encouragement que comme un échéancier.

La progression des sons

Séparément des quatre étapes, le texte donne une progression générale : les sons commencent forts et variés, et deviennent plus subtils avec la pratique (4.84).

En 4.85-86, le texte les énumère. Au début : l'océan, les nuages, une timbale, le tambour jharjhara. Au stade intermédiaire : une conque, le tambour mardala, une cloche, un cor. À la fin : des ornements tintinnabulants, une flûte, une vina, et le bourdonnement d'une abeille.

Vient ensuite l'instruction qui fait fonctionner toute la pratique, en 4.87-88. Même en présence de sons forts, l'attention se porte sur le plus subtil. Si un son grossier et un son subtil sont tous deux disponibles, on prend le subtil, à chaque fois. Et l'esprit n'est pas autorisé à s'échapper entièrement du champ du son pendant qu'il fait cela.

Cette règle unique constitue la technique. Tout le reste n'est que contexte.

La raison pour laquelle cela fonctionne est donnée en 4.89-90 : quel que soit le nada sur lequel la conscience se pose, elle s'y stabilise et finit par s'y absorber — et la conscience fixée sur le nada cesse de tendre vers les objets des sens, tout comme une abeille dans une fleur cesse de se soucier du parfum une fois qu'elle a le miel.

Le mécanisme n'a rien de mystique. Chaque mouvement vers un son plus subtil exige une qualité d'attention plus fine que la précédente. La pratique ne calme pas l'esprit en le relâchant ; elle le calme en lui demandant une précision toujours plus grande, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien avec quoi être agité.

Comment commencer

Idéal pour : les pratiquants ayant une pratique établie du pranayama et une certaine capacité à rester assis immobile

Effet : absorbant, apaisant, profondément intériorisant

Niveau : Intermédiaire

Pratiquez dans un lieu véritablement silencieux. Tôt le matin ou tard le soir. C'est la seule pratique où le bruit ambiant n'est pas un léger inconvénient, mais l'obstacle tout entier.

Asseyez-vous droit dans une posture assise stable. Le muktasana est spécifié ; le siddhasana, le sukhasana ou une chaise ferme conviennent aussi. La posture doit tenir sans ajustement pendant toute la durée de la séance, car le mouvement remet l'attention à zéro.

Faites d'abord votre pranayama. Une période de nadi shodhana est la préparation habituelle. Le texte insiste sur le fait que le son s'entend dans une sushumna purifiée, et concrètement, le souffle doit être apaisé avant que l'écoute subtile ne soit possible.

Laissez le souffle revenir à la normale, et cessez de le gérer.

Fermez les portes des sens. La version la plus simple consiste à appuyer doucement le tragus de chaque oreille vers l'intérieur avec les pouces, et à poser légèrement les doigts sur les yeux fermés, en gardant les coudes détendus plutôt que levés et rigides. Vous pouvez aussi travailler avec un regard shambhavi les yeux ouverts, comme le précise le verset 67. Ne faites pas les deux à la fois lors de votre première tentative.

Écoutez. Ne cherchez pas de manière agressive, et ne décidez pas à l'avance ce que vous devriez entendre.

Quand vous trouvez un son, restez-y. Quand vous remarquez un son plus discret en dessous ou derrière lui, déplacez-vous vers celui-là. Puis continuez ainsi.

Si l'esprit quitte entièrement le champ du son, ramenez-le vers le son disponible et recommencez.

Commencez par dix minutes. Progressez lentement.

Sortez progressivement. Relâchez les mains, laissez les yeux fermés une minute, et restez assis avant de vous relever.

Bourdonnement dans les oreilles : une mise en garde nécessaire

Cette pratique vous demande d'écouter des sons que personne d'autre ne peut entendre. C'est aussi une description des acouphènes, et ce recoupement doit être dit clairement.

Les acouphènes sont fréquents. Leurs causes vont du tout à fait bénin au médicalement significatif — exposition au bruit, cérumen, infection de l'oreille, certains médicaments, perte auditive, et dans un petit nombre de cas, des conditions qui nécessitent des investigations. Ce n'est pas un accomplissement spirituel, et traiter un nouveau symptôme comme la preuve d'un progrès est un résultat réellement mauvais.

La consigne pratique est simple. Si vous avez un bourdonnement, un bruissement ou un sifflement persistant, présent en dehors de votre pratique — en marchant, en travaillant, en parlant — faites-le évaluer par un médecin avant de passer des mois à l'interpréter comme un anahata nada. C'est particulièrement vrai s'il est unilatéral, nouveau, en aggravation, accompagné d'une perte auditive ou de vertiges, ou s'il a débuté après une exposition à un bruit fort.

Il n'y a aucun conflit entre la tradition et ce conseil. Les textes décrivent un son rencontré à l'intérieur d'une pratique spécifique, après préparation, dans un cadre silencieux, surgissant et changeant à mesure que l'attention s'affine. Une tonalité constante qui vous suit toute la journée est un phénomène différent, et il est plus honnête de le dire que de flatter le pratiquant.

Deux mises en garde supplémentaires. N'appuyez pas fort sur les oreilles — le tragus se ferme doucement, sans compression, et une pression forcée n'apporte rien d'autre qu'une gêne. Et si la pratique produit anxiété, désorientation, ou une sensation de perdre ses repères, arrêtez-vous et revenez à quelque chose de plus ancré. L'intériorisation profonde ne convient pas à tout le monde, ni à tout moment pour qui que ce soit.

Idées reçues courantes

1. Que c'est un bain sonore. Le son externe — bols, gongs, enregistrements — est de l'ahata nada, le son frappé. La nadanusandhana concerne l'anahata nada, le non-frappé. Écouter ce que quelqu'un d'autre joue est une pratique légitime, mais c'en est une autre, et aucune quantité de cela n'est de la nadanusandhana.

2. Qu'il faudrait entendre la flûte ou la vina dès le début. Les sons subtils se trouvent à la fin d'une longue progression. Les attendre dès le début produit soit de la déception, soit de l'imagination — et l'imagination est la plus dangereuse des deux.

3. Que cela peut se faire sans préparation. Le texte place cette pratique dans son dernier chapitre pour une raison précise. Tentée avec un souffle instable et une capacité non entraînée à rester assis, elle devient vingt minutes d'efforts pour entendre quelque chose.

4. Que tout son intérieur est de l'anahata nada. Voir la section ci-dessus. La confiance de la tradition ne devrait pas prévaloir sur un symptôme qu'un médecin devrait examiner.

Pensée de clôture

La nadanusandhana est, aux yeux modernes, la plus étrange des pratiques classiques, parce qu'elle demande si peu d'activité et tant de précision. Rien n'est construit, étiré, tenu, ou compté. La méthode entière consiste à trouver le son, et quand un son plus discret apparaît, à s'y rendre à la place.

C'est aussi, de l'aveu même de Svatmarama, la chose la plus directe du livre — et celle dont il dit qu'elle ne demande pas d'être brillant.

Le chapitre que le yoga a oublié est le chapitre vers lequel tout le texte construisait.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la nadanusandhana ?

La nadanusandhana est la pratique d'écoute intérieure soutenue décrite au quatrième chapitre de la Hatha Yoga Pradipika. Le pratiquant ferme les portes des sens, s'attache au son interne, et le suit à mesure qu'il devient progressivement plus subtil.

Quelles sont les quatre étapes de la pratique du nada ?

Arambha, ghata, parichaya et nishpatti. La Hatha Yoga Pradipika associe chacune d'elles au percement d'un granthi — brahma au cœur, vishnu à la gorge, rudra à l'entre-sourcils — et à un son caractéristique.

Faut-il se boucher les oreilles pour pratiquer ?

Le verset 4.68 décrit la fermeture des oreilles, des yeux, du nez et de la bouche, et le 4.82 mentionne le yoni mudra. Mais le verset 4.67 précise le shambhavi mudra, un regard intériorisé les yeux ouverts. Les deux approches figurent dans le texte ; ce ne sont pas la même instruction.

Le bourdonnement que j'entends est-il de l'anahata nada ?

Peut-être pas. Un bourdonnement persistant en dehors de la pratique est plus probablement un acouphène et devrait être évalué par un médecin, en particulier s'il est nouveau, unilatéral, en aggravation, ou accompagné d'une perte auditive ou de vertiges.

Les débutants peuvent-ils pratiquer la nadanusandhana ?

Le texte la place après l'asana, le pranayama et le mudra, et exige une sushumna purifiée. Une pratique de pranayama bien établie et la capacité de rester assis confortablement sont des prérequis raisonnables.

Combien de temps faut-il pour entendre le son intérieur ?

Cela varie énormément et dépend fortement de la préparation et du silence réel de votre environnement. L'affirmation du texte selon laquelle des résultats apparaissent en quinze jours doit être lue comme un encouragement plutôt que comme un échéancier.