Introduction : La Bhagavad Gita comme texte de yoga pratique
La Bhagavad Gita est l'un des textes les plus importants de la tradition du yoga.
Beaucoup considèrent la Bhagavad-Gita comme un texte religieux, un dialogue philosophique ou un classique spirituel. Elle l'est tout à fait. Mais elle est aussi quelque chose de très pratique :
Un guide du yoga à la quarantaine.
Contrairement à un enseignement dispensé dans une grotte, une forêt ou un monastère, la Bhagavad Gita est enseignée sur un champ de bataille.
Arjuna, le grand guerrier, se trouve entre deux armées. Désemparé, accablé, brisé émotionnellement, il est incapable d'agir. Son esprit est troublé par le chagrin, la peur, le devoir, l'attachement, la morale, les conflits familiaux et le doute existentiel.
À ce moment-là, Krishna lui enseigne le yoga.
Ce paramètre est important.
La Bhagavad-Gita ne présente pas le yoga comme une échappatoire à la vie. Elle le présente comme l'art de vivre avec clarté, constance, dévotion, sagesse et justesse d'action, même face aux difficultés.
Krishna n'incite pas Arjuna à fuir ses responsabilités. Il lui enseigne comment agir sans être prisonnier de l'ego, de la peur, de l'attachement et de la confusion.
Ainsi, la Bhagavad Gita élargit notre compréhension du yoga.
Le yoga ne se résume pas à des postures.
Le yoga n'est pas seulement de la méditation.
Le yoga n'est pas seulement un renoncement.
Le yoga n'est pas seulement une philosophie.
Le yoga est une transformation de notre façon d'agir, de penser, d'aimer, de servir, de nous abandonner et de nous comprendre.
La Bhagavad-Gita enseigne que le véritable yoga se pratique non seulement les yeux fermés, mais aussi lorsque la vie exige de l'action.
Le contexte de la Bhagavad Gita
La Bhagavad Gita apparaît dans le Mahabharata, l'une des grandes épopées de l'Inde.
Le dialogue se déroule juste avant la guerre de Kurukshetra. Arjuna, l'un des princes Pandava, aperçoit ses maîtres, ses proches, ses amis et les aînés des deux camps. Soudain, il est submergé par l'émotion.
Son corps tremble. Son arc lui glisse des mains. Son esprit s'embrouille. Il remet en question la valeur de la victoire, du pouvoir, du devoir et de la vie elle-même.
La crise d'Arjuna n'est pas un signe de faiblesse. C'est un moment profondément humain.
Il n'a pas simplement peur du combat. Il est confronté à un conflit entre émotion, devoir, morale, attachement et identité.
Voilà pourquoi la Bhagavad-Gita est intemporelle.
Tout pratiquant sérieux finit par affronter son Kurukshetra intérieur.
Un lieu où l'esprit est divisé.
Un lieu où le devoir et l'émotion s'affrontent.
Un lieu où l'ancienne identité s'effondre.
Un lieu où la prochaine étape est incertaine.
Un lieu où les idées spirituelles doivent se transformer en sagesse vécue.
L’enseignement de Krishna commence ici.
Le yoga commence lorsque la confusion se transforme en questionnement.
Pourquoi la Bhagavad-Gita est importante pour la pratique du yoga
Les Yoga Sutras de Patanjali définissent le yoga comme Chitta Vritti Nirodha, l’apaisement des fluctuations de l’esprit.
La Bhagavad Gita aborde le yoga sous un autre angle.
Elle demande :
Comment devons-nous agir lorsque notre esprit est perturbé ?
Comment pouvons-nous travailler sans attachement ?
Comment rester stable face au succès comme à l'échec ?
Comment la dévotion peut-elle purifier le cœur ?
Comment la sagesse peut-elle dissiper la confusion ?
Comment la méditation peut-elle discipliner l'esprit ?
Comment pouvons-nous vivre dans le monde sans être prisonniers du monde ?
La Bhagavad-Gita est particulièrement pertinente car la plupart des étudiants ne vivent pas coupés du monde. Ils ont une famille, un travail, des responsabilités, des relations, des ambitions, des peurs et des devoirs.
Krishna enseigne le yoga pour ce genre de vie.
Il enseigne comment transformer l'action en yoga, la connaissance en yoga, la dévotion en yoga, la méditation en yoga et l'abandon en yoga.
Les principaux yogas enseignés dans la Bhagavad Gita
La Bhagavad Gita ne présente pas un seul chemin.
Krishna enseigne plusieurs formes de yoga interconnectées, notamment :
- Karma Yoga — le yoga de l'action désintéressée
- Jnana Yoga — le yoga de la sagesse et de la connaissance
- Bhakti Yoga — le yoga de la dévotion
- Dhyana Yoga — le yoga de la méditation
- Sannyasa et Tyaga — renoncement et lâcher-prise intérieur
- Buddhi Yoga — le yoga de l'intelligence éveillée
- Samatva Yoga – le yoga de l'équanimité
Ce ne sont pas des voies totalement distinctes. Elles se soutiennent et se complètent mutuellement.
L'action sans sagesse peut mener à l'agitation.
La sagesse sans dévotion peut devenir aride.
Le dévouement sans discipline peut se transformer en émotivité.
La méditation sans une vie saine peut devenir instable.
Renoncer sans comprendre peut devenir de l'évitement.
Krishna offre une vision intégrée.
Un yogi agit, comprend, aime, médite, se laisse aller et reste imperturbable.
Le yoga comme compétence en action
L’un des enseignements les plus célèbres de Krishna est :
Yogaḥ karmasu kauśalam
Cela signifie:
Le yoga est un art en action.
C'est une définition puissante.
Le yoga ne consiste pas simplement à se retirer de l'action. Il s'agit d'apprendre à agir de manière juste.
Mais que signifie « compétence en action » ?
Cela ne signifie pas une manipulation habile.
Cela ne signifie pas la réussite matérielle à tout prix.
Cela ne signifie pas devenir plus efficace uniquement pour atteindre un objectif.
Dans la Bhagavad-Gita, l'habileté dans l'action signifie agir avec clarté, constance, intelligence, détachement et en accord avec le dharma.
Un esprit non entraîné agit par impulsion.
Un esprit perturbé agit par peur.
Un esprit égocentrique agit en quête de reconnaissance.
Un esprit attaché agit pour obtenir une récompense.
Un esprit en colère agit pour blesser.
Un esprit confus évite d'agir.
L'esprit yogique agit à partir d'une clarté intérieure.
C'est la compétence que Krishna enseigne.
L'action peut être simple ou complexe. Ce qui importe, c'est l'état intérieur dont elle découle.
Le yoga comme équanimité
Un autre enseignement essentiel de la Bhagavad-Gita est :
Samatvaṁ yoga ucyate
Cela signifie:
L'équanimité s'appelle yoga.
L'équanimité signifie l'équilibre intérieur.
C'est la capacité à rester stable face à des circonstances changeantes.
Le plaisir et la douleur surviennent.
Le succès et l'échec sont inévitables.
Les éloges et les critiques fusent.
Il y a des gains et des pertes.
Le confort et l'inconfort s'entremêlent.
L'approbation et le rejet surviennent.
L'esprit ordinaire s'élève et s'abaisse au gré de chaque expérience.
Lorsqu'on la loue, elle se développe.
Lorsqu'il est critiqué, il s'effondre.
Lorsqu'elle réussit, elle devient fière.
En cas d'échec, cela devient pénible.
Quand le plaisir arrive, il s'accroche.
Quand la douleur survient, elle résiste.
Krishna enseigne que le yoga est la stabilité au sein de la dualité.
Cela ne signifie pas devenir insensible. Cela signifie ne pas être submergé par chaque vague émotionnelle.
L'équanimité n'est pas l'indifférence.
C'est la maturité intérieure.
Un yogi peut ressentir des émotions profondes tout en restant stable.
Un yogi peut agir pleinement tout en restant détaché.
Un yogi peut éprouver des difficultés tout en restant centré.
C'est là l'un des enseignements les plus pratiques de la Bhagavad Gita.
Karma Yoga : Le yoga de l'action
Le Karma Yoga est l'un des enseignements centraux de la Bhagavad Gita.
Le karma signifie action.
Le yoga signifie union, discipline ou le chemin vers la liberté intérieure.
Le Karma Yoga est le yoga de l'action pratiquée sans attachement égoïste aux résultats.
Krishna enseigne à Arjuna qu'il est impossible d'échapper à l'action. Même l'inaction est une forme d'action. Tant que nous vivons, nous agissons par notre corps, nos paroles, nos pensées, nos choix et nos intentions.
La question n'est pas de savoir si nous devons agir.
La question est :
Comment devons-nous agir ?
Réponses du Karma Yoga :
Agis selon le dharma.
Agissez sincèrement.
Agis sans attachement égoïste.
Agissez sans vous accrocher aux résultats.
Offrez les fruits de vos actions.
Restez imperturbable face au succès comme à l'échec.
Cela transforme le travail ordinaire en pratique spirituelle.
L'enseignement célèbre : Votre droit est à l'action
L'un des enseignements les plus cités de la Gita se trouve au chapitre 2 :
Vous avez le droit d'agir, mais pas celui d'en récolter les fruits.
Cela ne signifie pas que les résultats n'ont pas d'importance.
Cela signifie que vous êtes responsable de vos efforts, de vos intentions, de votre discipline et de vos actions, mais que vous ne contrôlez pas tous les résultats.
De nombreux facteurs influencent les résultats :
Vos efforts
Les actions des autres
Timing
Causes passées
Environnement
Variables inconnues
Grâce
Circonstances hors de contrôle
L'ego aspire à un contrôle total sur les résultats. Mais la vie ne fonctionne pas ainsi.
Le Karma Yoga enseigne une relation plus intelligente avec l'action.
Faites votre travail intégralement.
Faites de votre mieux.
Agissez avec intégrité.
Faites des choix judicieux.
Mais ne laissez pas le résultat influencer votre paix.
Voilà la liberté en action.
Le Karma Yoga n'est pas de l'insouciance
On confond souvent le fait de ne pas se soucier des résultats avec le fait de ne pas se soucier de la qualité.
C'est faux.
Krishna n'enseigne pas l'action insouciante. Il enseigne l'action habile.
Un Karma Yogi agit avec une attention totale, discipline et excellence. Mais son action n'est entachée ni d'anxiété, ni d'ego, ni d'avidité, ni de désespoir.
Il y a une différence entre engagement et attachement.
L'engagement dit :
« Je donnerai le meilleur de moi-même. »
La pièce jointe indique :
« Je dois obtenir le résultat que je souhaite, sinon je ne peux pas être en paix. »
L'engagement renforce l'action.
L'attachement perturbe l'action.
Le Karma Yoga supprime l'attachement, pas l'engagement.
En réalité, le détachement améliore souvent l'action car l'esprit s'éclaircit. Libérés de la peur de l'échec et de l'ambition de recevoir des éloges, nous agissons avec plus d'intelligence.
Le karma yoga dans la vie quotidienne
Le Karma Yoga peut être pratiqué dans tous les domaines de la vie.
Vous pouvez le pratiquer tout en enseignant le yoga.
Vous pouvez vous y exercer en cuisinant.
Vous pouvez le mettre en pratique tout en gérant une entreprise.
Vous pouvez le pratiquer tout en prenant soin de votre famille.
Vous pouvez vous y entraîner tout en étudiant.
Vous pouvez vous y exercer tout en servant les étudiants.
Vous pouvez vous entraîner tout en nettoyant votre chambre.
Vous pouvez vous y exercer tout en créant du contenu.
Vous pouvez vous y exercer même en situation de conflit.
La pratique ne se définit pas par l'activité extérieure.
Elle se définit par l'attitude intérieure.
Demander:
Est-ce que j'agis par ego ou par dharma ?
Suis-je attaché aux louanges ?
Ai-je peur des critiques ?
Est-ce que je fais cela pour rendre service ou pour valider une information ?
Est-ce que je fais tout mon possible ?
Puis-je publier le résultat après une action sincère ?
Pourrai-je rester imperturbable, que le résultat soit un succès ou un échec ?
C'est le Karma Yoga.
Jnana Yoga : Le yoga de la sagesse
Le Jnana Yoga est le yoga de la connaissance, de la sagesse et du discernement.
Dans la Bhagavad-Gita, Krishna enseigne à plusieurs reprises à Arjuna à comprendre la différence entre le Soi éternel et le corps-esprit changeant.
Arjuna est en deuil car il s'identifie à son corps, à ses relations, à ses rôles et aux conséquences extérieures de ses actes. Krishna commence par lui enseigner que le Soi véritable ne disparaît pas avec la mort du corps.
Cet enseignement n'a pas pour but de rendre Arjuna froid ou insensible, mais de dissiper sa confusion.
Jnana Yoga demande :
Qui suis-je ?
Qu'est-ce qui est permanent ?
Qu'est-ce qui change ?
Qu'est-ce que le Soi ?
Qu'est-ce que le corps ?
Qu'est-ce que l'action ?
Qui est l'auteur de l'action ?
Qu'est-ce que la vraie liberté ?
Sans sagesse, la pratique peut rester superficielle.
Une personne peut pratiquer les asanas, le pranayama, les rituels ou la méditation, tout en s'identifiant complètement à son ego, son corps, son statut, son plaisir et sa peur.
Le Jnana Yoga permet de se libérer des erreurs d'identification.
Le Soi et le Corps
L’un des enseignements centraux de Krishna est que le corps change, mais que le Soi est plus profond que le corps.
Le corps traverse l'enfance, la jeunesse, l'âge adulte, le vieillissement et la mort. Les pensées, les émotions, les identités et les relations évoluent. Mais la conscience témoin n'est pas identique à ces expériences changeantes.
Cela se rapproche de la distinction yogique entre Purusha et Prakriti.
Prakriti comprend le corps, l'esprit, les sens, la nature et tous les phénomènes changeants.
Purusha est la pure conscience témoin.
La souffrance survient lorsque nous confondons le changement avec le Soi.
Ceci est également lié à l’enseignement de Patanjali sur l’Avidya, la racine Klesha.
Avidya signifie ignorance ou perception erronée. Elle nous fait confondre le non-Soi avec le Soi, l'impermanent avec le permanent et la souffrance avec le bonheur.
La sagesse de Krishna dissipe l'avidya.
Il enseigne à Arjuna à voir au-delà des apparences.
Jnana n'est pas une information
Le Jnana Yoga n'est pas simplement une étude intellectuelle.
Une personne peut lire de nombreux passages des Écritures et rester malgré tout prisonnière de son ego, de son attachement et de sa peur.
Le véritable Jnana est une vision transformatrice.
Cela change notre façon de vivre.
Si la connaissance ne réduit pas l'ego, elle est incomplète.
Si le savoir n'accroît pas la compassion, il est incomplet.
Si le savoir n'apporte pas la stabilité, il est incomplet.
Si le savoir n'affaiblit pas l'attachement, il est incomplet.
Si le savoir ne permet pas d'agir correctement, il est incomplet.
Dans la Bhagavad-Gita, la sagesse n'est pas une échappatoire à l'action. La sagesse guide l'action.
Krishna ne donne pas la philosophie à Arjuna pour qu'il fuie la vie, mais pour qu'il agisse avec discernement.
Voici le pouvoir du Jnana Yoga.
Bhakti Yoga : Le yoga de la dévotion
Le Bhakti Yoga est le yoga de la dévotion, de l'amour, de l'abandon et de l'offrande sincère au Divin.
Dans la Bhagavad Gita, Krishna accorde une place centrale à la Bhakti.
La bhakti n'est pas simplement une adoration émotionnelle. C'est une transformation du cœur.
L'ego dit :
« C’est moi qui agis. »
« Je suis le contrôleur. »
«Je suis séparé.»
«Je dois posséder.»
« Je dois être félicité. »
« Je dois protéger mon identité. »
La bhakti atténue cette contraction de l'ego.
Il enseigne :
Proposez vos actions.
Souvenez-vous du Divin.
Abandonnez les fruits.
Agir comme un instrument.
L'amour sans exigence égoïste.
Ayez confiance en quelque chose de plus grand que votre ego.
La bhakti apporte de la chaleur au yoga.
Sans dévouement, la pratique peut devenir aride, orgueilleuse ou excessivement intellectuelle.
Offrir comme pratique
Krishna enseigne que même les offrandes les plus simples deviennent sacrées lorsqu'elles sont faites avec dévotion.
L'objet extérieur n'est pas le plus important. Ce qui compte, c'est le sentiment intérieur.
Une feuille, une fleur, un fruit ou de l'eau offerts avec dévotion prennent tout leur sens.
Cet enseignement est important car il rend le yoga accessible.
Vous n'avez besoin ni de richesse, ni de statut social, ni d'érudition, ni de rituel complexe pour commencer.
Il vous faut de la sincérité.
Au quotidien, l'offrande peut devenir une pratique puissante.
Avant d'enseigner, proposez le cours.
Avant de manger, exprimez votre gratitude.
Avant de commencer à travailler, proposez votre aide.
Avant de méditer, offrez votre esprit.
Avant de dormir, offrez-vous la journée.
Lorsque la difficulté survient, offrez-vous dans la lutte.
Lorsque le succès arrive, offrez-en les fruits.
Cela transforme la vie en Bhakti Yoga.
La bhakti n'est pas une croyance aveugle.
La bhakti est parfois mal comprise et perçue comme une foi aveugle ou une dépendance affective.
La véritable bhakti n'est pas anti-intellectuelle. Elle ne rejette pas la sagesse. Dans la Bhagavad-Gita, la dévotion et la connaissance se soutiennent mutuellement.
Un dévot mûr ne croit pas par simple peur. Il aime, fait confiance, s'abandonne et comprend plus profondément.
La bhakti n'est pas une faiblesse.
Il faut du courage pour renoncer à son ego.
Il faut du courage pour aimer sans posséder.
Il faut de l'humilité pour agir sans exiger le contrôle.
Il faut de la maturité pour se souvenir du Divin dans le succès comme dans l'échec.
La bhakti ne rend pas une personne passive. Elle purifie ses actions.
Dhyana Yoga : Le yoga de la méditation
La Bhagavad Gita enseigne également la méditation de manière directe, notamment dans le chapitre 6.
Krishna décrit la discipline du méditant : choisir un lieu propre, s’asseoir fermement, réguler son corps, son esprit et ses sens, et concentrer son esprit.
Cet enseignement est étroitement lié au yoga de Patanjali.
La méditation dans la Bhagavad-Gita n'est pas une simple relaxation. Elle exige discipline, modération, posture, attention et stabilité intérieure.
Le méditant s'assoit, le corps immobile, l'esprit recueilli et la conscience tournée vers l'intérieur.
Le but n'est ni le sommeil ni l'imagination. Le but est l'union avec le Soi et la libération des troubles mentaux.
L'esprit comme ami et ennemi
L’un des enseignements puissants de Krishna est que l’esprit peut être soit un ami, soit un ennemi.
Un esprit exercé devient un ami.
Un esprit non entraîné devient un ennemi.
Il s'agit d'un enseignement direct et pratique.
Le même esprit qui crée l'asservissement peut devenir l'instrument de la libération.
Sans entraînement, l'esprit est tiraillé par le désir, la peur, la colère, les souvenirs, la comparaison et la distraction.
L'esprit, lorsqu'il est entraîné, favorise la clarté, la méditation, la discipline, la sagesse et le dévouement.
Cela signifie que nous ne devons pas haïr l'esprit.
Nous devrions l'entraîner.
Le yoga n'est pas une guerre contre l'esprit. C'est une éducation de l'esprit.
Question d'Arjuna : L'esprit est agité
Arjuna avoue honnêtement à Krishna que l'esprit est agité, turbulent, puissant et difficile à contrôler.
C'est l'un des passages les plus universels de la Bhagavad-Gita.
Quiconque a essayé de méditer le comprend.
L'esprit vagabonde.
L'esprit résiste.
L'esprit se souvient.
L'esprit imagine.
L'esprit désire.
L'esprit craint.
L'esprit s'engourdit.
L'esprit s'excite.
Arjuna affirme que maîtriser son esprit semble aussi difficile que de maîtriser le vent.
Krishna ne le nie pas.
Il reconnaît que l'esprit est difficile à contrôler. Mais il affirme qu'il est possible de le maîtriser grâce à :
Abhyasa — pratique
Vairagya — non-attachement
Cela établit un lien direct entre la Gita et l’enseignement de Patanjali.
L'esprit agité s'apprivoise par la pratique répétée et l'absence d'attachement.
La méditation requiert de la modération.
Krishna enseigne également que le yoga n'est pas fait pour celui qui mange trop ou trop peu, dort trop ou trop peu, agit trop ou évite complètement l'action.
Il s'agit d'un enseignement extrêmement pratique.
Le yoga requiert de l'équilibre.
Un mode de vie extrême perturbe la pratique.
Trop de nourriture engendre une sensation de lourdeur.
Une alimentation insuffisante engendre la faiblesse.
Trop de sommeil engendre la léthargie.
Un manque de sommeil engendre de l'agitation.
Trop d'activité disperse l'esprit.
Un retrait excessif peut créer un déséquilibre.
Une trop grande intensité peut mener à l'épuisement professionnel.
Trop de confort peut mener à la paresse.
Krishna enseigne la modération dans la nourriture, les loisirs, les actions, le sommeil et l'éveil.
C'est important pour les praticiens modernes.
Le yoga n'est pas de l'extrémisme.
Le yoga est une régulation intelligente.
Une vie équilibrée favorise la méditation.
La métaphore de la flamme stable
Krishna offre une belle image pour l'esprit méditatif :
Comme une flamme dans un lieu sans vent, l'esprit du yogi reste stable.
Cette métaphore est à la fois simple et profonde.
La flamme, c'est la conscience.
Le vent est une distraction.
La lumière stable est une forme de méditation.
Lorsque les vents du désir, de la peur, du souvenir, de la stimulation sensorielle et de l'agitation sont forts, la flamme vacille.
Lorsque le vent se calme, la flamme se stabilise.
Tel est le but de la pratique.
Non pas pour détruire l'esprit, mais pour créer les conditions de la stabilité.
Les asanas stabilisent le corps.
Le pranayama stabilise la respiration.
Pratyahara réduit le vent sensoriel.
Dharana concentre l'attention.
La méditation (Dhyana) permet à la flamme de rester stable.
La Bhagavad-Gita et les Yoga Sutras se rejoignent ici à merveille.
Sthitaprajna : La personne à la sagesse inébranlable
Au chapitre 2, Arjuna demande à Krishna de décrire la personne à la sagesse inébranlable, connue sous le nom de Sthitaprajna.
C'est l'un des enseignements les plus importants de la Bhagavad-Gita.
Un Sthitaprajna est celui dont la sagesse est stable.
Une telle personne n'est pas constamment ébranlée par le désir, la peur, le plaisir, la douleur, les louanges, les critiques, le gain ou la perte.
Leur paix intérieure ne dépend pas de conditions extérieures.
Ils ne sont pas gouvernés par le désir.
Ils ne sont pas brisés par le chagrin.
Ils ne sont pas enivrés par le plaisir.
Ils ne sont pas consumés par la colère.
Ils ne sont pas esclaves de leurs sens.
Ils ne sont pas confus au sujet du Soi.
Il ne s'agit pas d'un engourdissement émotionnel.
C'est la stabilité spirituelle.
Le Sthitaprajna illustre ce à quoi ressemble le yoga mature dans la vie.
Pas quelqu'un qui ne fait que des postures avancées.
Pas quelqu'un qui parle magnifiquement de philosophie.
Pas quelqu'un qui a l'air spirituel.
Mais celui dont l'esprit est stable, dont les sens sont disciplinés, dont les désirs sont purifiés et dont la conscience repose sur le Soi.
Désir, colère et perte de sagesse
Krishna présente une puissante séquence psychologique au chapitre 2.
Lorsque l'esprit se focalise de manière répétée sur des objets, un attachement se développe.
L'attachement naît le désir.
De la colère naît le désir refoulé.
De la colère naît l'illusion.
L'illusion engendre la perte de mémoire.
De la perte de mémoire naît la destruction de la discrimination.
De la destruction engendrée par la discrimination, on chute.
C'est l'un des enseignements psychologiques les plus clairs de la Bhagavad-Gita.
Elle explique comment la souffrance se développe étape par étape.
Premièrement, l'attention se porte de manière répétée sur un objet.
Puis se forme le lien affectif.
Alors le désir devient puissant.
La frustration apparaît alors lorsque le désir est bloqué.
Alors la colère trouble l'esprit.
La clarté se perd alors.
Puis le souvenir de la sagesse disparaît.
Alors la discrimination s'effondre.
L'action devient alors destructive.
Cette séquence est visible partout.
Dans les relations, l'ambition, la dépendance, les médias sociaux, la nourriture, le pouvoir, le statut et l'identité spirituelle.
Le yoga commence par la maîtrise de l'attention.
Ce à quoi nous pensons de manière répétée façonne ce que nous désirons.
Nos désirs façonnent nos actions.
Nos actions façonnent ce que nous devenons.
C’est pourquoi la discipline sensorielle et la conscience mentale sont essentielles.
Le rôle du dharma
On ne peut comprendre la Bhagavad Gita sans le Dharma.
Dharma signifie devoir, action juste, ordre naturel, responsabilité et alignement avec la vérité.
La crise d’Arjuna est une crise du dharma.
Il ne sait pas ce qui est juste.
Krishna lui enseigne que le yoga ne signifie pas fuir son dharma par confusion émotionnelle.
Cela ne signifie pas suivre aveuglément le devoir social sans discernement. Le dharma est subtil ; il requiert du discernement.
Mais la Bhagavad-Gita met une chose en évidence :
La spiritualité n'est pas une excuse pour se dérober à ses responsabilités.
Parfois, la voie du yoga exige des actions difficiles.
Dire la vérité peut s'avérer difficile.
Il peut être difficile de fixer des limites.
Rendre service aux autres peut s'avérer difficile.
Faire face aux conflits peut s'avérer difficile.
Il peut être difficile de faire son travail sincèrement.
Renoncer à son confort personnel peut s'avérer difficile.
Le Karma Yoga consiste à agir selon le dharma sans attachement égoïste.
Voici le yoga en action.
La renonciation dans la Bhagavad Gita
La Bhagavad-Gita aborde la question du renoncement en profondeur.
Mais Krishna n'enseigne pas que le renoncement extérieur soit à lui seul la voie la plus élevée pour tous.
Il établit une distinction importante entre renoncer à l'action et renoncer à l'attachement.
Une personne peut cesser d'agir extérieurement tout en restant intérieurement pleine de désirs.
Une autre personne peut agir pleinement dans le monde tout en restant intérieurement détachée.
Krishna valorise le renoncement intérieur.
Renonce à ton ego.
Renoncez à l'attachement aux fruits.
Renoncez aux désirs égoïstes.
Renoncez à l’idée « Je suis le seul acteur ».
Renoncez à l'attachement au plaisir et à l'aversion pour la douleur.
C'est très pratique.
La plupart des gens ne peuvent ni ne devraient se soustraire à toutes leurs responsabilités. Mais chacun peut pratiquer le renoncement intérieur.
C’est là le cœur de l’enseignement de la Gita.
Les trois gunas et la pratique du yoga
La Bhagavad Gita enseigne également les trois gunas :
- Sattva — clarté, harmonie, équilibre
- Rajas — activité, passion, agitation
- Tamas — inertie, ennui, confusion
Ces trois qualités façonnent l'esprit, le comportement, l'alimentation, la foi, l'action, le savoir et la pratique.
Comprendre les gunas nous aide à comprendre pourquoi la pratique est perçue différemment selon les moments.
Lorsque le sattva est fort, l'esprit est clair et paisible.
Lorsque le rajas est fort, l'esprit est agité et ambitieux.
Lorsque le tamas est fort, l'esprit est terne et résistant.
La pratique du yoga augmente progressivement le sattva, régule le rajas et réduit le tamas.
Mais la Gita va finalement au-delà des trois gunas.
Même le sattva, bien que pur et bénéfique, fait partie de la nature. La libération survient lorsque le pratiquant reconnaît le Soi au-delà des gunas.
Pour les élèves pratiquant le yoga, cet enseignement est utile :
Mangez, vivez, parlez, pratiquez et pensez de manière à accroître le sattva.
Une vie sattvique favorise la méditation.
Pratique sattvique
La pratique du yoga sattvique est claire, équilibrée, sincère, stable et non égocentrique.
Ce n'est pas de la paresse.
Ce n'est pas agressif.
Ce n'est pas ostentatoire.
Elle n'est pas motivée par la comparaison.
Ce n'est pas fait pour être loué.
Il ne s'agit pas de dominer le corps.
Une pratique sattvique engendre légèreté, clarté, discipline, humilité et paix intérieure.
À l'inverse, une pratique rajasique peut être motivée par l'ambition, la compétition, l'intensité et l'agitation.
Une pratique tamasique peut être négligente, ennuyeuse, irrégulière, inconsciente ou évitante.
L’enseignement de Krishna nous aide à examiner non seulement ce que nous pratiquons, mais aussi la qualité qui sous-tend cette pratique.
Deux personnes peuvent pratiquer la même posture (asana), mais l'une le fait avec ego et l'autre avec conscience.
L'apparence extérieure peut sembler similaire. L'essence intérieure, elle, est différente.
Le champ et celui qui connaît le champ
Au chapitre 13, Krishna enseigne Kshetra et Kshetrajna.
Kshetra signifie le champ.
Kshetrajna signifie celui qui connaît le domaine.
Le corps-esprit constitue le champ. Il englobe les sensations, les pensées, les émotions, les expériences et le changement.
Le connaisseur du champ est la conscience, la conscience témoin.
Cet enseignement est extrêmement important pour la méditation.
En pratique, nous apprenons à observer le terrain.
On aperçoit le corps.
On voit le souffle.
Les pensées sont visibles.
Les émotions sont visibles.
Des souvenirs apparaissent.
Les désirs sont visibles.
La peur est visible.
Si tout cela est vu, alors qui est le voyant ?
Cette quête conduit le praticien vers la connaissance de soi.
La Bhagavad-Gita nous enseigne à ne pas confondre le champ avec le sujet connaissant.
C'est également le cœur de la philosophie du yoga.
Vous n'êtes pas simplement le contenu changeant de l'expérience. Vous êtes la conscience dans laquelle il apparaît.
Dévotion et abandon : l'enseignement final
Vers la fin de la Bhagavad-Gita, Krishna livre l'un de ses enseignements les plus puissants : l'abandon.
Il demande à Arjuna de prendre refuge dans le Divin et de se libérer de toute dépendance limitée à un contrôle égotique séparé.
Il ne s'agit pas d'un rejet de tout ce qui a été enseigné auparavant. C'est l'aboutissement de tout le cheminement.
Après l'action, la sagesse, la discipline, la méditation, la dévotion, le discernement et le renoncement vient l'abandon.
La reddition n'est pas une défaite.
L’abandon, c’est se libérer du fardeau illusoire de l’ego.
L'ego pense :
« Je contrôle tout. »
« Je suis le seul à agir. »
«Je dois garantir chaque résultat.»
«Je dois tout comprendre.»
«Je dois porter la vie seule.»
L'abandon relâche cette contraction.
Le praticien continue d'agir, mais avec confiance.
Il continue à s'entraîner, mais avec humilité.
Continue à servir, mais sans s'approprier l'œuvre de son ego.
Continue d'aimer, mais sans possessivité.
Il s'agit d'un enseignement de très haut niveau.
Concrètement, la reddition signifie :
Fais ce que tu as à faire.
Agissez avec sincérité.
Présentez le résultat.
Faites confiance à l'ordre global.
Lâchez prise sur le contrôle de votre ego.
Repose-toi en Dieu.
Ce que Krishna enseigne sur la pratique
Si nous rassemblons les enseignements de Krishna en conseils pratiques, plusieurs principes deviennent clairs.
1. Pratiquer au milieu de la vie
Le yoga ne se limite pas aux conditions idéales. Arjuna reçoit cet enseignement en pleine crise. Cela signifie que la pratique doit être suffisamment rigoureuse pour s'appliquer à la vie réelle.
2. Agir sans attachement
Faites votre devoir. Donnez le meilleur de vous-même. Mais ne laissez pas le résultat influencer votre paix intérieure.
3. Entraînez votre esprit
L'esprit est difficile, mais pas impossible à maîtriser. La pratique et le détachement sont essentiels.
4. Pratiquez la modération
L'alimentation, le sommeil, l'activité physique et le repos doivent être équilibrés. Les extrêmes perturbent la pratique du yoga.
5. Cultivez l'équanimité
Restez imperturbable face au succès et à l'échec, au plaisir et à la douleur, aux gains et aux pertes.
6. Percevoir le Soi au-delà du corps et de l'esprit
La sagesse consiste à reconnaître la différence entre le champ changeant et la conscience témoin.
7. Proposez vos actions
Transformez votre quotidien en pratique en offrant votre travail, vos efforts et vos résultats.
8. Pratiquez la dévotion
L'amour, le souvenir, l'humilité et l'abandon purifient le cœur.
9. Vivre selon le dharma
Le yoga n'est pas une forme d'évitement. Il exige une action juste, en accord avec la vérité.
10. Renoncer au contrôle de l'ego
Faites pleinement votre part, puis abandonnez le fardeau du contrôle total.
Ces enseignements font de la Bhagavad-Gita l'un des manuels les plus complets de la pratique du yoga.
Bhagavad Gita et les Yoga Sutras de Patanjali
La Bhagavad Gita et les Yoga Sutras de Patanjali sont des textes différents, aux styles différents, mais ils se complètent à merveille.
Patanjali propose un système précis d'esprit, de pratique, de concentration et de libération.
La Bhagavad-Gita offre une vision large et vivante du yoga à travers l'action, la dévotion, la sagesse, la méditation et l'abandon.
Tous deux valorisent la discipline.
Tous deux reconnaissent l'agitation de l'esprit.
Tous deux enseignent le détachement.
Tous deux insistent sur la pratique.
Tous deux transcendent l'ego.
Tous deux visent la libération.
Tous deux enseignent la stabilité intérieure.
Patanjali affirme que l'esprit s'apaise grâce à l'Abhyasa et au Vairagya.
Krishna explique à Arjuna que l'esprit agité se maîtrise par la pratique et le détachement.
Patanjali donne les Huit Membres.
Krishna montre comment le yoga s'intègre à l'action, à la dévotion, à la sagesse, à la méditation et au devoir quotidien.
Ensemble, ces textes offrent une vision complète du yoga.
Étudiants de la Bhagavad Gita et du yoga moderne
Les élèves de yoga modernes commencent souvent par une pratique physique.
C’est utile, mais la Gita nous rappelle que le yoga doit mûrir au-delà du corps.
Un étudiant peut être flexible tout en restant attaché à ses convictions.
Fort mais agité.
Discipliné mais égoïste.
Instruits mais pas soumis.
Dévotionnel mais pas ancré dans la réalité.
Méditatif mais fuyant.
Actif mais attaché aux résultats.
La Bhagavad-Gita contribue à intégrer la pratique.
Elle demande :
Le yoga peut-il vous aider à mieux agir ?
Le yoga peut-il vous aider à garder votre sang-froid sous pression ?
Le yoga peut-il réduire l'ego ?
Votre yoga peut-il purifier le désir ?
Le yoga peut-il vous aider à servir ?
Le yoga peut-il vous aider à lâcher prise ?
Le yoga peut-il vous aider à voir le Soi ?
C'est là la mesure plus profonde de la pratique.
Appliquer la Gita dans la pratique quotidienne
Voici une façon simple d'intégrer la Bhagavad Gita à votre pratique quotidienne du yoga.
Avant l'entraînement
Faites une pause et proposez la pratique.
Dites-vous intérieurement :
Que cette pratique purifie mon corps, mon souffle, mon esprit et mon cœur. Qu'elle ne soit pas motivée par l'ego, mais par la clarté.
Pendant les asanas
Pratiquez avec effort et détachement.
Ne forcez pas.
Ne comparez pas.
Ne pas exécuter.
Observez le corps et l'esprit.
Pendant le pranayama
Que la respiration devienne un guide vers l'équilibre.
Ne recherchez pas l'intensité.
Affinez votre attention.
Calmez votre esprit.
Pendant la méditation
Lorsque l'esprit s'égare, revenez-y.
Ceci est Abhyasa.
Lorsque des pensées surgissent, laissez-les passer.
Voici Vairagya.
Pendant le travail
Agissez sincèrement.
Faites votre devoir.
Présentez le résultat.
Restez imperturbable face au succès comme à l'échec.
C'est le Karma Yoga.
En cas de difficulté
Demander:
Quel est mon dharma ici ?
Qu'est-ce que l'ego, et qu'est-ce que la clarté ?
Quelles mesures sont nécessaires ?
Quel résultat dois-je publier ?
Où puis-je me rendre ?
Cela transforme la vie en yoga.
Une pratique de réflexion basée sur la Bhagavad-Gita
En fin de compte, réfléchissez à ces questions :
Où ai-je fait preuve d'attachement aujourd'hui ?
Où ai-je agi par dharma ?
Où ai-je recherché les éloges ou craint les critiques ?
Où le désir a-t-il perturbé ma lucidité ?
D'où vient la colère, de cette attente déçue ?
Où me suis-je souvenu du Divin ?
Où me suis-je perdu dans mon ego ?
Où aurais-je pu pratiquer l'équanimité ?
Quelle action puis-je entreprendre maintenant ?
Quel résultat puis-je publier ?
Cette réflexion n'est pas motivée par la culpabilité.
C'est pour sensibiliser.
La Bhagavad-Gita ne demande pas la perfection. Elle demande une transformation consciente.
Idées fausses courantes sur la Bhagavad Gita et le yoga
1. La Bhagavad-Gita n'est pas seulement un texte religieux
C'est également un texte de yoga profond qui enseigne l'action, la méditation, la sagesse, la dévotion, le détachement et l'abandon.
2. Le Karma Yoga ne signifie pas agir sans réfléchir.
Le détachement vis-à-vis des résultats ne signifie pas un manque d'effort. Cela signifie un effort total, sans dépendance égotique au résultat.
3. L'équanimité ne signifie pas l'absence d'émotions.
Un yogi peut ressentir des émotions profondes tout en restant intérieurement stable.
4. Renoncer ne signifie pas toujours quitter la société
La Bhagavad-Gita met l'accent sur le renoncement intérieur : abandonner l'ego, l'attachement et se détacher des fruits de l'action.
5. La bhakti n'est pas une faiblesse
La dévotion exige humilité, courage, amour et abandon. Elle adoucit l'ego et purifie l'action.
6. La méditation ne suffit pas sans une vie juste.
La Bhagavad-Gita intègre la méditation à l'action, à la discipline, à la modération, à la sagesse et à la dévotion.
7. La reddition n'est pas de la passivité
Lâcher prise signifie agir sincèrement tout en abandonnant le contrôle de l'ego sur les résultats.
La Bhagavad Gita pour les professeurs de yoga
Pour les professeurs de yoga, la Bhagavad-Gita est essentielle.
Elle enseigne que le yoga n'est pas seulement une technique. C'est une manière de vivre, de servir, de parler, d'agir et d'entrer en relation avec les élèves.
Un enseignant peut pratiquer le Karma Yoga en enseignant avec sincérité plutôt qu'avec ego.
Un enseignant peut pratiquer le Jnana Yoga en poursuivant son auto-étude et en se rappelant la différence entre connaissance et sagesse.
Un enseignant peut pratiquer le Bhakti Yoga en proposant son enseignement comme un service.
Un enseignant peut pratiquer le Dhyana Yoga en maintenant une méditation personnelle.
Un enseignant peut pratiquer le Vairagya en ne s'attachant pas aux louanges, à la popularité, aux revenus ou à l'image.
Un enseignant peut pratiquer le Dharma en respectant ses élèves, en enseignant honnêtement et en agissant de manière responsable.
La Bhagavad-Gita protège l'enseignement du yoga de toute transformation en spectacle.
Elle ramène l'enseignant au service, à l'humilité, à la sagesse et à la sérénité intérieure.
Formation d'enseignants de Bhagavad Gita et de yoga
Dans le cadre d'une formation de professeur de yoga, la Bhagavad Gita aide les élèves à comprendre le yoga au-delà du tapis.
Elle enseigne que devenir professeur de yoga ne se résume pas à apprendre des séquences, l'alignement, l'anatomie ou la méthodologie d'enseignement.
Il s'agit aussi de gagner en maturité dans ses actions, ses pensées, son dévouement et sa connaissance de soi.
Un étudiant sérieux devrait étudier la Bhagavad-Gita car elle répond aux questions que tout pratiquant se pose :
Comment agir sans ego ?
Comment gérer le doute ?
Comment gérer un esprit agité ?
Comment pratiquer le détachement ?
Comment trouver le juste équilibre entre effort et lâcher-prise ?
Comment puis-je vivre mon dharma ?
Comment garder son sang-froid face au succès comme à l'échec ?
Comment intégrer le yoga à ma vie quotidienne ?
La Bhagavad-Gita rend le yoga à la fois pratique, éthique, philosophique et spirituel.
Conclusion : Le yoga de Krishna est une pratique à vivre
La Bhagavad Gita enseigne que le yoga ne se limite pas aux postures, à la méditation, au renoncement ou à la philosophie.
Le yoga est l'art de vivre en toute clarté.
Krishna enseigne à Arjuna à agir, mais sans attachement.
S'entraîner, mais sans ego.
Réfléchir en profondeur, sans pour autant tomber dans l'orgueil intellectuel.
Aimer et se soumettre, mais sans devenir passif.
Méditer, mais aussi accomplir le dharma.
Rester constant dans le succès comme dans l'échec.
Percevoir le Soi au-delà du corps et de l'esprit changeants.
Offrir toutes ses actions au Divin.
Voici une vision complète du yoga.
Le champ de bataille de la Bhagavad-Gita est aussi le champ de bataille de la vie quotidienne.
Chaque jour, nous sommes confrontés au désir, à la peur, à la confusion, au devoir, à l'attachement, au chagrin et au choix.
L’enseignement de Krishna nous rappelle :
Ne fuyez pas la vie.
N'agissez pas sous l'effet de la confusion.
Ne vous accrochez pas aux résultats.
Ne laissez pas votre esprit devenir votre ennemi.
N'oubliez pas le Soi.
N'abandonnez pas la pratique.
Ne perdez pas votre dévotion.
Agissez avec sagesse.
Pratiquez avec constance.
Aimer en se laissant aller.
Vivez avec sérénité.
C'est le yoga de la Bhagavad Gita.
FAQ sur la Bhagavad Gita et le yoga
Qu’enseigne la Bhagavad Gita sur le yoga ?
La Bhagavad Gita enseigne le yoga comme une voie complète d'action, de sagesse, de dévotion, de méditation, de détachement, de discipline et d'abandon. Elle montre comment pratiquer le yoga au quotidien.
Quels sont les principaux types de yoga dans la Bhagavad Gita ?
Les principaux types de yoga enseignés dans la Bhagavad Gita comprennent le Karma Yoga, le Jnana Yoga, le Bhakti Yoga et le Dhyana Yoga. Krishna enseigne également l'équanimité, le renoncement et l'abandon.
Qu'est-ce que le Karma Yoga dans la Bhagavad Gita ?
Le Karma Yoga est le yoga de l'action désintéressée. Il consiste à accomplir son devoir sincèrement, sans attachement aux fruits de cette action.
Que dit Krishna à propos de l'esprit ?
Krishna enseigne que l'esprit peut être ami ou ennemi. Un esprit entraîné favorise la libération, tandis qu'un esprit non entraîné crée des liens. L'esprit se maîtrise par la pratique et le détachement.
Que signifie « Le yoga est un art en action » ?
Cela signifie que le yoga n'est pas seulement de la méditation ou du retrait. Le yoga est la capacité d'agir avec clarté, constance, sagesse, détachement et en harmonie avec le dharma.
Qu'est-ce que l'équanimité dans la Bhagavad Gita ?
L'équanimité désigne l'équilibre intérieur face au succès et à l'échec, au plaisir et à la douleur, aux gains et aux pertes, aux louanges et aux critiques. Krishna affirme que l'équanimité est le yoga.
La Bhagavad Gita enseigne-t-elle la méditation ?
Oui. La Bhagavad-Gita enseigne la méditation, notamment dans le chapitre 6, où Krishna explique la posture, la discipline, la modération, la concentration et le contrôle de l'esprit.
Qu'est-ce que le Bhakti Yoga dans la Bhagavad Gita ?
Le Bhakti Yoga est la voie de la dévotion, de l'amour, du souvenir et de l'abandon au Divin. Il purifie le cœur et adoucit l'ego.
Le détachement signifie-t-il l'indifférence ?
Non. Le détachement signifie agir pleinement sans s'accrocher aux résultats. Cela ne signifie pas négligence, paresse ou froideur émotionnelle.
Pourquoi la Bhagavad Gita est-elle importante pour les professeurs de yoga ?
La Bhagavad-Gita aide les professeurs de yoga à comprendre la pratique au-delà des asanas. Elle enseigne l'action éthique, l'humilité, la dévotion, l'introspection, le détachement, la discipline et le service.